Dimanche 5 avril : Le trail du Mont-Hersé comme si vous y étiez
G… dans la brume !
Par JFC, lundi 6 avril 2009 à 14:27 :: Carnet de voyages ::#250
En ce dimanche 05 avril de l’an 2009, nous voilà, Pascal et moi, partis à l’ascension du Mont Hersé, chez nos amis les gaulois de l’autre coté la Vilaine. Cachée sous un nuage de brume, nous n’apercevons même pas cette dame rivière en franchissant le pont de la Roche. Après une heure de route, nous voilà à pied d’œuvre. Le soleil essaie de pointer son nez derrière tous ces arbres qui nous surveillent et la fraicheur matinale nous saisit en sortant de la voiture. Mais bon, avec tous ces coureurs qui s’agitent, cette bonne odeur de café et les bénévoles qui nous accueillent déjà avec un grand sourire, comment résister à cette ambiance d’avant course. A peine sortis, les premières rencontres : « Gene » est là elle aussi (cela faisait longtemps). Allez, le temps passe et il faut se préparer : Dossard épinglé, short ajusté et bien callés dans nos chaussures, nous commençons notre échauffement et nous rapprochons de la ligne de départ où déjà quelques concurrents attendent.
Une petite pensée pour les copains qui sont sur une autre ligne de départ et trépignent d’impatience comme nous et ça y’est, le coup libérateur est donné et nous nous élançons.
Premières foulées, premières sensations : plutôt bonnes. Le rythme est donné, les groupes se forment.
Après quelques km sur le bord du canal, qui nous renvoie toute sa fraicheur et nous fait regretter de ne pas avoir pris nos gants, nous attaquons des portions plus chaotiques à travers champs avant d’attaquer enfin les parties techniques dans la forêt avec une première ascension du Mont par sa face Sud. Les sensations sont toujours bonnes, je rétrograde dans la montée pour garder un rythme économique et ne pas brûler tout mon carburant. Certains coureurs commencent déjà à marcher ! Encore un petit effort et nous voilà au sommet. Le spectacle vaut vraiment le détour mais pas le temps de s’arrêter. Le premier ravitaillement arrive rapidement et m’indique que la moitié de la première boucle est faite. Pour l’instant tout va. Une petite descente technique dans les chemins forestiers, passage sous un pont de pierres, les pieds dans l’eau, quelques petits franchissements de ruisseaux et une nouvelle grimpette. Les jambes répondent toujours bien et le souffle tient. Je commence à me sentir suffisamment échauffée pour retirer mon coupe vent. Ah, un peu de fraicheur, cela fait du bien. Un petit gel tonique en passant et c’est reparti.1h30 de course ; je ne devrais pas être loin de la fin de la première boucle de 18 km. Nouveau passage dans une prairie, puis dans un champ tout juste labouré quand le premier coureur de la petite boucle me rattrape et me laisse sur place après un encouragement sympa. Je progresse vers l’arrivée et suis dépassée par d’autres coureurs qui en terminent eux aussi avec leur course. Je commence à entendre les hauts parleurs au loin qui annoncent la victoire du premier et l’arrivée des autres. Tout à coup, c’est le trou noir, gros coup de fatigue, les jambes répondent moins bien et le moral commence à me descendre dans les chaussettes. J’ai l’impression de me trainer et l’envie me prend d’arrêter après cette première boucle. Je me sens lasse, les questions fusent, j’ai envie d’arrêter
La prairie approche, le haut parleur annonce mon passage (1h50 de course), les applaudissements des spectateurs me portent et ….me voilà repartie pour la deuxième boucle de 17 km.
Un peu plus loin, un ravitaillement. Je m’arrête, mange quelques raisins secs et repars dans une descente. Je me sens à nouveau bien, les jambes me reviennent, le moral aussi et je gambade à nouveau à travers landes et chemins forestiers. Je rattrape un coureur qui n’arrive pas à s’accrocher à mon rythme. Je poursuis ma course, seule dans cette immense forêt qui me dévoile une partie de ses mystères. Je croise quelques randonneurs qui en terminent bientôt avec leur ballade. Nouvelle grimpette, que je passe allègrement. Je me sens de mieux en mieux. Les minutes défilent et je progresse rapidement vers le ravitaillement que je n’attendais pas si tôt ! Tout juste le temps de boire et d’avaler quelques fruits secs et je repars. J’aperçois au loin de nouveaux coureurs, l’écart diminue et j’arrive à leur hauteur. Allez courage ! Leurs jambes sont lourdes, les miennes me portent sans problème. Je continue donc seule.
Dernier ravitaillement. Je repars avec un coureur. Son allure ne me convient pas, je le laisse donc derrière moi et continue ma descente dans les chemins sinueux que nous ouvre cette magnifique forêt. Mes pensées vagabondent, je me laisse porter et esquive chaque racine d’un geste machinal. Lancée comme un bolide, je ne me suis pas rendue compte que j’étais sortie du circuit. Plus de flèche rouge. Je continue quelques minutes pour essayer d’en trouver une, mais rien, j’arrive sur une route. Il faut faire demi-tour ! Je reviens sur mes pas, en profite pour un arrêt « pipi » et aperçois enfin la flèche salvatrice. Me revoilà en route et quelle route : juste en face, un mur de terre à gravir. C’est la fameuse dernière ascension !
Courage, je la prends en douceur pour ne pas me griller. Ouf, pas mal, en fait. Maintenant, c’est la fin, il faut y aller. Essayer de rattraper le temps perdu. C’est bon, les jambes semblent toujours en pleine forme. Cette fois je reste concentrée, à la recherche de chaque flèche rouge, et j’avance à toute allure. 3h15 de course, je dois pas être loin de l’arrivée et je suis sûre que je peux faire moins de 3h30 ; il faut y aller ; j’arrive au niveau d’un coureur ; déjà vu puisque j’étais partie avec lui du dernier ravitaillement « qu’est ce que tu fais là, je te croyais loin devant » me dit-il. « raté une flèche, me suis perdue » lui réponds en filant droit devant. Encore des chemins sinueux, que de la descente, c’est bien. J’accélère le rythme. Ca va le faire. J’entends les hauts parleurs, je vois la banderole. Les cris, les acclamations.
C’est fini : 3h27. Superbe et en plus « l’amiral » est là avec son grand sourire et sa voix chaleureuse, mais aussi tous les copains du SNOS et Gene (qui a fini première du 18km). Je retrouve Pascal qui ne m’attendait pas si tôt et était parti mangé sa soupe de pot au feu après ses 3h12 de course. Echangeons quelques impressions de course et c’est sous un soleil magnifique que nous terminons ensemble cette belle aventure dans ce petit village gaulois plein de charme tandis qu’Alain et toute sa bande vont s’attabler pour le traditionnel festin.
Gwen.
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